Pourquoi notre amour déborde

Il est parfois difficile d'expliquer ce qui nous conduit vers les autres.

Lorsque des personnes découvrent notre histoire, elles imaginent souvent que nous cherchons davantage. Davantage de rencontres, davantage d'expériences, davantage de sexualité ou davantage de liberté.

La réalité est presque à l'opposé. Ce qui nous met en mouvement n'est pas un manque. C'est une abondance.

Nous aimons profondément notre vie. Nous aimons nous retrouver après une journée de travail, partir marcher sans savoir exactement où le sentier nous mènera, nous perdre dans une ville inconnue, faire l'amour, nous masser, partager un repas avec des amis, nous asseoir nus sur une plage, regarder un coucher de soleil, discuter avec des inconnus ou simplement écouter quelqu'un raconter sa vie. Toutes ces choses ont une saveur commune. Elles donnent le sentiment d'une vie qui circule librement et qui, loin de s'épuiser, semble grandir à mesure qu'elle se partage.

C'est cette manière d'habiter le monde qui nous a réunis.

Nous avons reconnu chez l'autre la même curiosité, le même émerveillement devant les êtres, les paysages, les corps, les conversations, les rencontres. Une manière d'aimer qui ne commence pas par se demander ce qu'elle va recevoir, mais qui déborde déjà de ce qu'elle est. Et lorsque deux élans comme ceux-là se rencontrent, l'amour ne devient pas un refuge contre le monde. Il devient un endroit depuis lequel le monde paraît encore plus beau.

Une belle journée ne donne presque jamais envie d'être refermée sur elle-même. Nous parlons de cette femme qui nous a fait sourire sur la plage, de cet homme avec lequel la conversation s'est interrompue trop vite, de ce couple dont la tendresse nous a touchés ou de cette personne dont la présence est restée avec nous bien après la rencontre. Tous ces êtres entrent naturellement dans notre histoire, non parce que nous voudrions les retenir, mais parce qu'ils ont participé, l'espace d'un instant, à la beauté de notre journée.

Notre amour ressemble un peu à cela. Il accueille, il relie, il agrandit. Non parce qu'il manquerait de quelque chose, mais parce qu'il déborde déjà de ce qu'il reçoit.

La sexualité fait naturellement partie de ce mouvement. Elle ne vient pas remplir un vide. Elle est une manière parmi d'autres de célébrer une vie qui est déjà abondante. Faire l'amour, désirer, caresser, accueillir un autre corps lorsqu'une rencontre y conduit naturellement, partager une émotion, un plaisir ou une jouissance... tout cela procède du même élan. Il ne s'agit jamais d'accumuler des expériences. Il s'agit de laisser la vie continuer à circuler, de lui faire confiance et de l'accueillir lorsqu'elle prend des chemins que nous n'avions pas imaginés.

C'est probablement cela que nous avions envie de partager en ouvrant Nous & Plus. Pas une méthode. Pas une manière de vivre qu'il faudrait adopter. Encore moins une vérité que nous aurions découverte avant les autres. Seulement cette intuition qu'un amour profondément heureux ne se referme pas toujours sur lui-même. Il arrive aussi qu'il ouvre les fenêtres, qu'il regarde dehors avec curiosité et qu'il ait envie d'inviter la vie à entrer.

Depuis le début de ces pages, nous parlons de tantra, de toucher, de désir, de naturisme, de rencontres ou de sexualité. Pourtant, ces mots ne sont peut-être que des paysages différents traversés par un même souffle. Ce qui nous touche, depuis toujours, n'est pas telle ou telle pratique. C'est cette sensation qu'une vie profondément aimée donne envie d'aimer davantage encore : davantage la personne avec laquelle nous la partageons, davantage les êtres que nous rencontrons, davantage le monde qui nous entoure.

Et si notre amour déborde, ce n'est finalement pas parce qu'il cherche toujours plus. C'est parce qu'il reçoit déjà énormément.

Et qu'il nous semble naturel, à notre tour, de laisser cette joie continuer son chemin.